La chirurgie esthétique et la publicité

Un certain nombre du personnel du corps médical a exprimé son inquiétude quant à la façon dont certaines cliniques et chirurgiens utilisent des emojis pour promouvoir les interventions chirurgicales esthétiques sur les médias sociaux. Les opposants de cette approche appellent à une meilleure prise de conscience de l’impact des médias sociaux sur l’image de soi et la quête de la perfection corporelle. Ils affirment que beaucoup de jeunes ont des images irréalistes et par conséquent, ils exigent des résultats irréalisables.

Les chirurgiens ont également souligné les inquiétudes suscitées par les comptes rendus des médias sociaux sur des cliniques partageant des emojis tristes sur des photos de patients préopératoires, puis des smileys sur des images post-opératoires des chirurgies mammaires.

La réglementation du secteur

Cette forme de promotion sur des plateformes comme Instagram est « irresponsable » dans le sens qu’elle peut suggérer que les gens sont meilleurs après une chirurgie. De plus, il s’agit dont l’évaluation est estimée à environ 4 milliards d’euros. Par ailleurs, un tel chiffre exige la réglementation du secteur de la chirurgie esthétique.

Les mamelons des femmes doivent être dissimulés sur Instagram pour se conformer aux règles de la communauté sur la nudité. Certaines cliniques utilisent des fleurs, des cœurs ou des cercles colorés pour se conformer à cette norme. L’autorité publicitaire ou le Bureau de vérification de la publicité n’interdit pas l’utilisation d’emojis. Cependant, il faut que les cliniques soient responsables dans leurs publicités sur les médias sociaux, surtout si elles sont susceptibles de séduire les jeunes.

Les règles et les conseils en matière de publicité reflètent le fait que la chirurgie esthétique peut avoir un impact physique et, parfois, psychologique sur les patients. Les annonces pour cela doivent être socialement responsables (y compris celles apparaissant dans les médias sociaux). En outre, l’objectif ne doit pas cibler la banalisation de la décision de subir une intervention chirurgicale. Bien que l’utilisation d’emojis dans les publicités en chirurgie esthétique ne soit pas, en soi, interdite, la protection des personnes jeunes et potentiellement vulnérables doit être au cœur des normes publicitaires.

Le Bureau de vérification de la publicité a déclaré qu’il prend au sérieux toute préoccupation concernant des publicités potentiellement irresponsables ou nuisibles pour ce type d’intervention. Toutefois, il a déclaré qu’il ne peut pas commenter des exemples spécifiques lorsqu’on lui demande si les emojis utilisés de cette manière pourraient potentiellement être irresponsables.

Interdiction des photos avant-après au Japon

Le ministère de la Santé au Japon prend des mesures plus audacieuses et plus sévères. En effet, il a été déclaré que le ministère de la santé va officiellement interdire aux institutions médicales d’utiliser des photos avant-après des patients dans des publicités de chirurgie esthétique. L’interdiction sera mise en vigueur à partir du mois juin.

Les images avant et après seront autorisées pour les réunions académiques parce que cette utilisation n’influence pas d’une manière directe la décision des patients. La loi médicale du pays interdit la publicité mensongère et trompeuse. Mais, il est difficile de déterminer si les photos prises avant et après les procédures cosmétiques ont été manipulées.

Le plan d’interdiction est intervenu après que le groupe d’experts du ministère eut discuté de questions concernant les images avant-après à la demande de la Commission de la consommation du Bureau du Cabinet qui demandait l’examen des règlements sur les annonces. L’interdiction vise à réglementer les établissements médicaux qui utilisent les photos dans la publicité pour attirer les clients sans offrir une image complète des risques.